Appel aux professionnel.les de la petite enfance

Nous sommes professionne.les de l’accueil de la petite enfance et nous voyons chaque jour se dégrader la situation des lieux d’accueil des jeunes enfants et la qualité d’accueil être mise en péril.

Les nombreux rapports qui se sont succédés depuis des années ont pourtant mis en lumière le diagnostic :
– pénurie des professionnels, du fait de l’attractivité en berne de nos métiers,
– attractivité en berne de nos métiers, du fait de conditions de travail qui se dégradent (normes d’encadrement insuffisantes en accueil collectif et souvent non respectées, peu ou pas d’accès à des formations continues et peu de possibilité de réfléchir à nos pratiques professionnelles),
– plus d’attrait pour nos métiers du fait de salaires indignes de nos responsabilités, de nos compétences, de notre mission d’accueil des tous petits,
– mais aussi perte de sens du fait des logiques croissantes de rentabilité de l’accueil qui mettent à mal nos relations avec les bébés et leurs parents,
– et en accueil individuel reconnaissance insuffisante de notre professionnalité, faiblesse de la formation initiale et continue et des rémunérations.

Les responsables gouvernementaux le savent mais ne prennent pas les mesures à la hauteur. Publier des référentiels de qualité d’accueil ne suffira pas à la rétablir, si la situation n’est pas modifiée pour garantir à chaque enfant un accueil sécurisant et bienveillant tout en permettant aux professionnel∙les d’exercer leurs missions dans des conditions dignes et respectueuses.

Dans près d’un an auront lieu des élections cruciales pour l’avenir du pays.

Meilleur taux = des enfants qui vont mieux, des professionnel∙les qui retrouvent du sens et de la disponibilité physique et psychique pour accueillir à la fois la singularité de chaque tout petit et sa prise en compte dans le groupe d’enfants.

Être mieux et régulièrement formé : c’est pouvoir pleinement accompagner les enfants dans leur bien‐être et leur développement si complexe.

Les crèches ferment ? Plus de 10 000 postes manquent en France ? Il faut non seulement former les professionnel.les en nombre suffisant mais aussi les rémunérer à leur juste valeur, responsabilité et compétence, de façon équitable et sur tout le territoire. Il faut aussi plus de pauses et la prise en compte de la pénibilité dans notre exercice professionnel quotidien mais également dans le calcul de nos retraites

Ce métier a besoin de se faire (re)connaître, d’une formation initiale et continue plus riche et d’un financement et de salaires à la hauteur des enjeux.

Liberté – Égalité – Fraternité, cela a donné la gratuité de l’école. A présent il faut, quelque soit le mode d’accueil, aligner le reste à la charge des familles sur la base du quotient familial ; et dès maintenant la gratuité pour les familles vivant sous le seuil de pauvreté.

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